WOUF WOUF WOUF ! WOUUUUUF ! WOUUU … Ah non, c’est vrai, vous ne parlez pas ma langue ! Tant pis, je sors mon dictionnaire et je m’y mets

Il est très difficile pour la chienne que je suis de choisir un moment en particulier à vous raconter, tant la diversité de chaque jour est importante. Je choisis donc de vous décrire la journée type de  l’unité des louveteaux telle que je la vois au quotidien.

Alors que la fine rosée bretonne du matin vient me mouiller le museau, un étrange spectacle s’offre à moi : des hommes et des femmes se lèvent, s’étirent, se dandinent, pour finalement s’extirper de leur tente où ils devaient, j’imagine, avoir plus chaud que moi. Je les vois tituber alors qu’ils se dirigent lentement mais sûrement vers le coin où toute la nourriture circule. D’après moi, le réveil est à chaque fois un peu plus dur. Mais alors, un phénomène inexplicable se produit : dès qu’un petit homme ou une petite femme sort des grandes tentes bleues, la fatigue disparaît et la démarche de ceux qui, dix minutes auparavant, peinaient à sortir de leurs tentes, devient assurée et rapide. Comme si l’apparition de ces petits enfants, qu’ils appellent « louveteaux » ( chose très étrange puisque de mémoire de chienne, je n’ai jamais vu ni une queue ni des oreilles ni même un museau apparaître sur leurs petites frimousses ), activait en eux une énergie nouvelle.

Les loups, débordant d’énergie dès les premiers instants où s’ouvrent leurs yeux, se précipitent vers les bouts de pains sur la table, et les tartinent à leur guise de confiture et de beurre. Les responsables  veillent à ce que tout se passe bien, tout en allant réveiller les derniers enfants. Une grande casserole de chocolat est déjà prête, et la journée semble déjà bien partie.

Une fois que ce rituel, qui a pour conséquence de m’affamer au plus haut point est terminé, et que les grands adultes ont nettoyé le coin afin de mettre hors de portée de mes babines le moindre petit bout de pain, la journée peut réellement commencer.

D’abord , ils se réunissent tous en cercle. D’après mes connaissances en langage humain, je peux facilement conclure que les adultes tentent de savoir si tout se passent bien pour les enfants : ont-ils bien dormi, ont-ils eu froid, chaud, ont-ils entendu des bruits, etc. Un bilan est fait sur la journée de la veille, et chaque enfant peut donner son retour sur les activités. Apparemment, cela permettrait aux responsables de perfectionner leurs modes d’action afin d’offrir la meilleure expérience de camp aux enfants, mais c’est une notion difficile à acquérir pour la canidé que je suis. Le programme de la journée est donné, puis les enfants peuvent aller jouer dans la plaine le temps que les responsables achèvent les préparatifs pour l’activité du matin.

En général, celle-ci varie, mais à chaque fois, j’ai très envie de me joindre à eux pour construire des cabanes, apprendre à faire des constructions gigantesques ou même remplir méticuleusement un petit carnet jaune en passant des épreuves. L’activité matinale est généralement plutôt calme, afin d’économiser les forces des enfants pour les jeux de l’après-midi.

A la fin de la matinée, un étrange chariot roulant sur 4 roues fait un bruit du tonnerre et un groupe d’enfants (apparemment ce sont des sizaines, mais rien n’est sûr) déboule et décharge le coffre rempli de victuailles toutes plus appétissantes les unes que les autres. Ce même groupe se dirige ensuite vers le coin cuisine, où ils préparent la nourriture pour toute la troupe des louveteaux. Le repas se fait sans histoires. Ils ont cependant une drôle d’habitude avant de se jeter sur le contenu de leurs gamelles à eux : ils poussent des cris et chantent des chansons, chose très étrange quand on a devant soi une gamelle pleine. Ils mangent, rangent, chantent encore, puis ils s’en vont paisiblement, le ventre rempli. Ils se dirigent vers leurs tentes et se posent tranquillement sur leurs lits, profitant de différentes manières d’un temps sieste, qui se transforme progressivement en temps calme, puis libre où je peux alors jouer avec eux dans la plaine !

Après ce temps, l’activité de l’après midi commence et je ne peux généralement pas les suivre. Mais d’après ce que j’arrive à voir et entendre, oreilles dressées, ils ont l’air de s’amuser comme des petits fous : parfois j’entends des rires, des cris de joie, des mots que je ne comprends pas mais qui respirent la joie de vivre et d’être dans ce grand lieu où je peux gambader tranquillement. Et je vois aussi quelquefois des rondes, des colonnes d’équipes, des tables dispersées dans la plaine, autant de signes qui montrent que les responsables ont encore organisé un grand jeu sur le thème de camp qui est, à en juger par les accoutrements des louveteaux, l’Asie. Dans tout les cas, quand je revois les enfants à l’heure du goûter, ils sont ravis !

Ils mangent encore (décidément, ils sont fous ces humains), puis vient le temps des douches : j’entends le plus souvent les cris de surprise des enfants qui s’aperçoivent que l’eau bretonne n’est pas aussi chaude que l’eau des douches parisiennes, et je ris de mon rire de chienne. Après les douches, la sizaine de table s’occupe du dîner, tout le monde mange  (même moi), et tout le monde est content.

Après le repas, la vaisselle (c’est cool d’être une chienne dans certains moments), un petit temps calme puis la veillée. Tiens, en voilà une autre de coutume bizarre : alors qu’il fait presque nuit, ils allument un grand feu au centre de la plaine, s’assoient autour calmement et chantent tous de bon cœur des chansons diverses et variées, menés à la baguette par les responsables. Quelquefois, la veillée varie, et ils font des jeux de cartes, de société, discutent entre eux de choses et d’autres, ou même s’unissent avec d’autres groupes pour chanter encore plus fort ensemble.

En bref, c’est beau. Etrange mais beau, même pour une chienne.

Après quoi ils se dirigent tous vers les grandes tentes bleues, une dernière chanson ou une histoire pour les plus sages et hop ! Tous dans leur duvet. Puis la nuit reprend ses droits et le calme règne en maître sur le terrain. Le seul bruit vient des responsables qui font une dernière réunion pour finaliser l’organisation de la journée du lendemain. Puis ils vont eux aussi se reposer et je peux finalement dormir tranquillement. Tout va bien.

Cependant, depuis plusieurs nuits, je rêve que je peux moi aussi aller jouer dans la plaine, courir derrière un ballon, découvrir la Chine, chanter à table et le soir aussi. Je rêve d’avoir de petites jambes et de petits bras afin de faire tout ce qu’ils font. Je rêve aussi d’avoir des responsables qui soient là pour moi et qui se donnent à fond pour que je m’amuse d’une manière différente chaque jour. En gros , je rêve d’être une louvette !

Ayoli

Notre nouvelle journaliste, Ayoli

Assistée par Indri

Heureusement Indri est là pour traduire !

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